Une ode à la course au grade.
Par définition, le doctorat est un diplôme de niveau bac + 8 qui sanctionne un long parcours de formation et de recherche.
Il est réputé faire avancer la science (définition personnelle).
En Haïti, la définition du doctorat est augmentée de quelque chose d’autre. Un statut difficile à saisir, encore moins à définir.
Le doctorat chez nous, c’est un mirage. Mais, pas n’importe lequel. Il transpose son détenteur vers un lieu symbolique de l’imaginaire collectif. Il matérialise l’inaccessible.
Pour certains, l’inatteignable Ph.D n’est pas la finalité. Le statut de doctorant suffira pour les besoins de la cause.
C’est un titre auquel on s’attache. On y aspire. Activistes politiques, journalistes, personnalités publiques… On veut être Docteur.
Je laisserai donc les médias se régaler des récents déboires de l’ISSEPJ pour revenir sur l’haïtienne condition.
Il est tout de même paradoxal de constater que dans cette course au grade, ce n’est pas tant le savoir produit qui compte, mais la valeur symbolique attachée à ce titre tant désiré.
Ce dernier nous précède. On s’y attache. Il devient une partie de ce que nous sommes. Certains l’exigent.
C’est tout de même regrettable que l’on cherche à l’obtenir par tous les moyens, sans égard pour la rigueur académique. Sans respect pour le travail assidu que requiert la recherche.
Combien aimons-nous rappeler que les professeurs haïtiens ont contribué à former des cadres en Europe, au Québec… Aujourd’hui cet héritage est loin derrière nous, s’éloignant davantage, une bêtise à la fois…
Nous sommes tous des doctorants dans une société de façade, qui privilégie l’apparence à la substance.
Max Guybert LYRON
19 août 2025
