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Cette question a longtemps fasciné les chercheurs. Elle est là. Omniprésente, cette voix. Pourtant si silencieuse. Elle se révèle religieusement toutes les fois que nous sommes convoqués par une démarche de lecture. Il suffit pourtant de rejeter le prisme du phénomène physiologique au profit des sciences de la cognition pour que ce fidèle partenaire se montre comme l’artisan du processus de repérage, antérieur à l’interprétation proprement dite.

Le fait le plus intéressant dans l’analyse du rôle de la parole intérieure dans l’acte de lecture est surtout sa permanence et sa transversalité à tous les niveaux de transmission du message (Labasse, 2003). En ce sens, cela importe peu que le texte soit bien compris ou mal interprété. Car d’une part, notre petite voix aura été fidèle à sa tâche première, celle de nous présenter intuitivement les mots; de l’autre, elle sera autant mobilisée dans l’espace de la figurabilité, lieu de la représentation et de l’interprétation des formes, des idées, ou même de ce que nous entendons, tout simplement.

Notre quête n’est donc pas tant l’origine factuelle de cette voix dans notre tête. C’est davantage une reflexion sur les processus engagés lorsque l’individu est exposé à tout type d’information (textuelle, numérique, spatiale). Un questionnement critique sur l’inévitable dialogue, conscient ou non, que nous tenons tous avec nous-même lorsque nous sommes invités à lire, estimer ou analyser.

La compréhension des mécanismes de cet échange discret, ne devrait-elle pas être l’ultime préoccupation du communicant ?

Max G. Lyron, Université Laval, 2024